Conforme Article L1221-13 du Code du travail

Registre unique du personnel dématérialisé : légal, à quelles conditions ?

Oui, la tenue dématérialisée du registre unique du personnel est admise — le Code du travail n'impose ni le papier ni un logiciel. Mais « dématérialisé » n'est pas un blanc-seing : trois conditions doivent être remplies, et il y a un point que presque tout le monde rate. Un fichier numérique modifiable n'a pas la même valeur probante qu'un document numérique daté et figé. On démêle tout, article par article.

PDF spécimen gratuit Contrôle des mentions Sans inscription
PDF spécimen d'un registre unique du personnel : en-tête de l'entreprise et quatre salariés dans l'ordre d'embauche, sous un bandeau rouge « spécimen »
Le PDF spécimen gratuit, tel qu'il sort du générateur
Dernière mise à jour : 24 juillet 2026 — références vérifiées sur Legifrance

Le cadre légal : la dématérialisation est admise

Aucun texte n'impose au registre du personnel une forme papier. L'article L1221-13 fixe des exigences de fond — inscriptions indélébiles, ordre des embauches, consultation immédiate — sans prescrire de support. L'administration admet d'ailleurs sa tenue sous forme numérique, après consultation du CSE lorsqu'il existe. Autrement dit : un registre dématérialisé est légal, à condition d'offrir les mêmes garanties qu'un registre relié tenu à l'encre.

Les 3 conditions d'un registre dématérialisé conforme

Ce sont ces garanties qui font la différence entre un registre numérique valable et un simple fichier RH.

Les trois conditions d'un registre du personnel dématérialisé conforme et leur traduction concrète
Condition (L1221-13)Ce que ça veut dire concrètement
Inscriptions indélébilesLes mentions ne peuvent être réécrites en douce. Un fichier figé et daté, ou un historique horodaté des modifications.
Ordre des embauchesLes salariés apparaissent dans l'ordre chronologique d'arrivée, pas trié par nom pour le confort.
Consultation immédiate sur placeAccessible dans l'établissement, sur écran ou impression, à la demande de l'inspection et des représentants du personnel.

La troisième condition est celle qu'on sous-estime le plus. « Consultation immédiate sur place » veut dire que le jour d'un contrôle, le registre doit être montrable là, dans l'établissement, sans dépendre d'un serveur distant en panne ni d'un compte auquel vous seul avez accès depuis chez vous. Une impression à jour ou un écran disponible sur place suffit ; un fichier verrouillé dans un cloud injoignable, non.

Le point que tout le monde rate : la valeur probante

C'est le coeur du sujet, et là où la plupart des articles s'arrêtent trop tôt. « Dématérialisé » recouvre deux réalités opposées en matière de preuve :

  • un fichier .xlsx ou une base modifiable : réécrivable à tout instant, il est muet sur la date d'inscription. Rien n'y distingue une ligne saisie le jour de l'embauche d'une ligne ajoutée la veille du contrôle. Il prouve l'état du registre au moment où l'inspecteur le regarde, pas au moment où vous auriez dû inscrire le salarié ;
  • un PDF daté et scellé : figé, il atteste d'un état du registre à une date passée. C'est cette date opposable qui a une valeur probante le jour où l'on vous demande « depuis quand cette ligne existe ».

Dématérialiser un registre en le laissant modifiable, c'est garder toute la fragilité du tableur avec, en plus, l'illusion du serieux numérique. La bonne dématérialisation fige. C'est pour ça qu'à chaque mouvement — une embauche, un départ — régénérer un PDF daté et l'archiver reconstitue un historique opposable, là où une base réécrite ne garde aucune trace de son état antérieur.

Conservation et RGPD : où vivent les données

Le registre est un fichier de données personnelles. Sa tenue est une obligation légale — c'est votre base juridique — mais deux règles RGPD s'appliquent quand il est dématérialisé :

  • Conservation limitée : chaque salarié reste au registre cinq ans après son départ (article R1221-26) ; passé ce délai, la CNIL invite à purger ces données.
  • Localisation et accès : un registre dématérialisé chez vous (fichier que vous détenez) vous laisse maître de l'accès ; hébergé chez un tiers (SaaS RH), il ajoute un sous-traitant à encadrer et un point de sortie à vérifier. Le numéro d'autorisation de travail d'un salarié hors UE est la mention la plus sensible : elle n'a rien à faire dans un tableur partagé à toute l'équipe.

Cas particuliers en version dématérialisée

La dématérialisation ne change pas les règles de fond, elle change juste la manière de les tenir. Trois cas à surveiller :

Salarié hors UE

Le fichier porte le type et le numéro d'autorisation de travail (D1221-23), et la copie numérisée du titre est jointe ou reliée au registre dématérialisé. Les ressortissants de l'UE, de l'EEE et de la Suisse en sont dispensés.

Stagiaires

Même en numérique, les stagiaires vont dans une partie spécifique distincte des salariés, avec tuteur, lieu de présence et dates de convention. Un onglet ou une section séparée, jamais mélangés aux salariés.

Multi-établissements

L'article L1221-13 vise « tout établissement ». En dématérialisé, cela impose un fichier par SIRET, chacun avec ses seuls salariés et consultable sur place dans l'établissement concerné — pas un fichier unique fusionnant plusieurs adresses.

Dématérialiser proprement, gratuitement

Concrètement : remplissez le registre en ligne, laissez l'outil contrôler vos mentions et rendre un verdict, téléchargez le PDF spécimen gratuit pour vérifier le rendu, et générez un PDF daté à chaque mouvement pour figer l'état opposable. Le remplissage, le contrôle et le spécimen sont gratuits et sans compte ; le PDF daté coûte 9,99 €, et l'abonnement « Registres illimités » ajoute le classeur .xlsx pour le quotidien. C'est exactement la combinaison qui coche les trois conditions et résout la valeur probante. Dématérialiser mon registre, ou voir aussi la comparaison des logiciels gratuits.

Questions fréquentes

Le format PDF, ce qu'il coûte et ce qu'il vaut lors d'un contrôle

Oui. Le Code du travail n'impose ni le papier ni un logiciel. L'article L1221-13 pose des exigences de fond — inscriptions indélébiles, ordre des embauches, consultation immédiate — que le support informatique peut remplir. L'administration admet la tenue sous forme numérique, après consultation du CSE lorsqu'il existe.

Trois : des inscriptions indélébiles (le fichier ne doit pas être réécrit en douce, d'où un document figé et daté ou un historique horodaté), l'ordre chronologique des embauches, et une consultation immédiate sur place dans l'établissement pour l'inspection et les représentants du personnel.

Il est légal mais fragile : une cellule se réécrit sans laisser de trace, donc le .xlsx est muet sur la date d'inscription. Il prouve l'état du registre au moment où l'inspecteur le regarde, pas au moment de l'embauche. Un PDF daté et figé apporte la valeur probante qui lui manque.

Un fichier modifiable atteste seulement de l'état présent : on ne peut pas prouver depuis quand une ligne existe. Un PDF daté et scellé fige l'état du registre à une date passée, opposable lors d'un contrôle. C'est le point le plus souvent oublié quand on dématérialise.

Chaque salarié doit y rester cinq ans après son départ (article R1221-26). Passé ce délai, ces données personnelles n'ont plus de raison d'être conservées et la CNIL invite à les purger. La conservation vaut aussi pour les versions numériques archivées.

Cela dépend de l'hébergement. Un registre dématérialisé que vous détenez (fichier chez vous) vous laisse maître de l'accès. Hébergé chez un SaaS RH, il ajoute un sous-traitant à encadrer au titre du RGPD. La mention la plus sensible est le numéro d'autorisation de travail d'un salarié hors UE.

Oui, mais avec un fichier par SIRET. L'article L1221-13 vise « tout établissement » : chaque établissement a son registre, avec ses seuls salariés, consultable sur place. Un fichier unique fusionnant plusieurs adresses n'est pas conforme.

Le registre porte le type et le numéro d'autorisation de travail (D1221-23), et une copie numérisée du titre est jointe ou reliée au registre dématérialisé. Les ressortissants de l'Union européenne, de l'EEE et de la Suisse en sont dispensés.

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  • Jusqu'à 3 salariés
  • Date, empreinte et QR de vérification
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